J’ai observé les oiseaux : à Châtellerault 2/2

Quand on arrive en ville…

Îles, lacs, rivières, ruisseaux, brandes, landes, bois, bocages, prairies, vignes, vergers, parcelles agricoles et coteaux calcaires de Grand Châtellerault en font un territoire de passage pour les oiseaux et constituent autant de milieux naturels favorisant leur abondance.

Dans mon article de la semaine dernière, je vous racontais ma sortie champêtre guidée par Chantal et Jean-Paul de la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO).

Que les citadins ornithophiles se réjouissent : aux alentours de Châtellerault, et même en pleine ville, il est possible d’observer des espèces remarquables dans leur environnement naturel.

Photo ci-dessus : Sterne Pierregarin © LPO - Johan Tillet

Un lundi matin de mars, je retrouve Alain Boireau et trois de ses compères sur le parking du superbe skate park de Châtellerault, au sein de l’ancienne manufacture d'armes. Au programme : une sortie urbaine en bord de rivière. Rive gauche toute !

Mes guides LPO énoncent les règles du jeu pour les identifications. Outre le chant, il faut repérer des éléments distinctifs comme la couleur du bec, des pattes, des pieds, de la queue, du ventre... Je chausse mes jumelles, à l’affût.

Photo ci-dessus : Jean-Louis, Françoise, Louis et Alain devant l'îlot Cognet

Nous rejoignons le Jardin du Directeur, début de notre parcours. À cette extrémité du canal de La Manufacture, le promeneur a comme une impression de bout du monde. La bucolique confluence de la Vienne et de l’Envigne vaut le détour. Une mésange bleue a enfilé son petit gilet jaune pour manifester sa joie d’être perchée sur une branche de magnolia. Des canards colverts barbotent à quelques encablures du Jehan Martin, bateau traditionnel amarré sur le canal. Souvenez-vous, je vous ai déjà parlé des promenades au fil de l’eau proposées par le capitaine en saison estivale.

Sur la berge, entre le jardin du directeur et la patinoire La Forge, un pigeonnier en bois accueille le ballet incessant des volatiles. Quelques mètres plus loin, je vous recommande de grimper tout en haut des tours Vilmouth de La Manu. Au sommet de l’escalier métallique, depuis le belvédère, vous pourrez admirer la vue imprenable sur la cité. Ce jour-là, des choucas des tours (beau hasard) m’y tiennent compagnie.

Après un salut au Musée d’art et d’industrie Le Grand Atelier, nous longeons la rivière sans discontinuer.

Entre le pont Camille De Hogues (un des premiers grands ouvrages d’art en béton armé de France) et le pont Henri IV (emblématique de la ville avec ses deux tours imposantes), Alain, Françoise, Louis et Jean-Louis se relaient pour m’aider à identifier les chants caractéristiques du pouillot véloce et de la bergeronnette grise. J’apprends à cette occasion que les oiseaux sont toujours nommés par deux mots : un nom et un qualificatif.

Photo ci-dessus : pont Camille de Hogues

Avant de rejoindre l’îlot Cognet, facile à observer depuis les anciens anneaux d’amarrage car proche de la rive, j’effectue une halte Chez Mercier. Les délicieux desserts vegan créés par Farah, la fille de la famille, mais aussi la tartine du Manuchard, le sandwich végétalien et les pizzas maison rendent cette boulangerie incontournable pour remplir le panier pique-nique.

Des mouettes rieuses font entendre leur voix éraillée. Dépaysement garanti ! Sur la façade de la base de canoë kayak, Alain me désigne les nichoirs à moineaux installés récemment par l’association. Quelques mètres plus loin, je reconnais le Pré de l’Assesseur, parfait endroit pour casser la croûte à l’ombre sur les tables en bois.

Photo ci-dessus : Mouette rieuse © LPO - Hervé Broguy

Face à l’île Sainte-Catherine, un panneau didactique de la LPO présente ce réservoir de biodiversité. Martin-pêcheur, chevalier guignette et grand cormoran sont attirés par ces prémices de forêt typique des bords de cours d’eau. Je me contorsionne pour tenter d’apercevoir un des castors qui s’y reproduisent. Peine perdue pour cette fois. En revanche, Alain m’indique la présence d’une aigrette gazette. « À la Belle-Époque, ses plumes ornaient les chapeaux des élégantes. »

Avant de rallier l’ancien pont de chemin de fer, la balade me permet de découvrir de charmants jardins potagers en bord de Vienne. Pies bavardes, corneilles noires, étourneaux sansonnets et pinsons des arbres nous tiennent compagnie.

Pour le trajet retour, vous pouvez revenir sur vos pas ou traverser vers l’office de tourisme et le centre-ville. Dans ce cas, le pont Henri IV ou le pont Camille de Hogues vous permettra de retrouver la rive gauche en fin de boucle.

Photo ci-dessus : Martin Pêcheur © LPO - Thérèse Boussemart

Durée de la balade : 2 heures
Distance : Environ 4 km aller-retour
Accessible aux enfants et aux personnes en situation de handicap
Espèces emblématiques : l’hirondelle de fenêtre, le martinet noir, la gallinule poule d’eau, la bergeronnette des ruisseaux…
Espèces à observer par saison : grand cormoran et grue cendrée en hiver, mouette rieuse et sterne pierregarin au printemps.

Bonnes adresses à proximité de la balade
• Boulangerie pâtisserie Chez Mercier (option végétarienne)
29-31 place de Belgique à Châtellerault
Le Merle Moqueur (bar à bières/rhum et restaurant)
16, bd Blossac à Châtellerault

Retrouvez toutes les balades ornithologiques dans Grand Châtellerault, les sorties guidées et gratuites de la LPO, les conseils pour débutants ornithophiles dans mon article de la semaine dernière. Cliquez ICI.

Le tourisme ornithologique, une bonne manière de se reconnecter à la nature!

Merci à Alain Boireau, Françoise Mortreuil, Louis Dupas, Jean-Louis Lechat et Sophie Gauthier de la LPO pour leur aide précieuse dans la préparation de cet article.

Contacts LPO 
• Tél : 05 49 88 55 22
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