J’ai observé les oiseaux : à Coussay-les-Bois 1/2

Balade au plus près de la nature avec un guide de la LPO

Comme moi, vous entendez certainement leurs chants : les stars du printemps, ce sont eux. Qui ? Les oiseaux bien sûr ! Leur migration coïncide avec la feuillaison des arbres, ce qui leur permet de profiter de la forte augmentation de la population d’insectes pour se nourrir.

Car oui, ils ont faim et sont venus pour ça : à l’arrivée de leur très long voyage depuis leur refuge hivernal, ces volatiles ne pèsent plus que la moitié de leur poids de départ… Ainsi un martinet pourrait voler six mois entiers sans se poser une seule fois. Chaque année, une hirondelle parcourrait environ 10 000 kilomètres.

Les rayons de soleil printaniers m’ont donné envie de m’intéresser davantage à ces héros des airs. Et pour mieux les connaître, j’ai fait appel à la Ligue de Protection des Oiseaux (LPO). Plusieurs bénévoles, Chantal Deschamps et Alain Boireau en tête, ont répondu présents pour satisfaire ma curiosité en partageant leur passion.

Les découvertes réalisées sont si nombreuses que je vous offre, non pas un, mais deux articles sur le sujet.

Cette semaine, direction Coussay-les-Bois, au nord du département. Chantal m’accueille sur la place de l’église Notre-Dame. En 1999, c’est la catastrophe écologique causée par le naufrage du pétrolier Erika qui provoque un déclic chez cette désormais correspondante locale LPO. Depuis, elle n’a de cesse de s’échapper dans sa campagne à la rencontre des bergeronnettes grises et autres corneilles noires.
Jean-Paul Lancereau, également bénévole, se joint à nous.

Le ravissant village a la particularité de posséder deux églises, héritage de son ancien statut de frontière entre deux provinces, le Haut-Poitou et la Touraine du sud. Côté patrimoine bâti, la balade du jour est aussi pour moi l’occasion d’admirer la maison native du père Coudrin, construction en pierre de tuffeau typiquement locale avec escalier à balet, ainsi que La Grelandière, belle bâtisse du XIXe siècle (photo ci-dessous).

Au fil de notre circuit de deux heures, nous empruntons un chemin herbeux, croisons un petit ruisseau en contre bas d’un noble chêne, profitons d’une vue imprenable sur les deux clochers depuis une parcelle agricole en hauteur, saluons une cavalière en vadrouille…

Jean-Paul tient les comptes : au total, nous croisons une trentaine d’espèces. Parmi elles, beaucoup d’habituées du bocage : le bruant zizi et sa tête rayée jaune et noire, le verdier d’Europe et son chant nuptial proche des sonorités du canari…

Chance de débutante, j’assiste à une scène remarquable en plein champ. « Un couple d’alouette lulu, en voie de disparition, est perché sur un fil électrique avec de la nourriture dans le bec. Cela signifie que ces oiseaux sont en train de nicher, autrement dit, faire leur nid, se reproduire et nourrir les petits. Et au même instant, nous apercevons deux faucons crécerelles en plein vol. Des instants rares ! », témoignent mes guides émerveillés.

Je demande à Chantal pourquoi les chants sont si nombreux au printemps. « Les jours plus longs activent les hormones de reproduction chez les oiseaux. Or ces derniers chantent pour charmer et délimiter leur territoire. », m’explique-t-elle.

Photo ci-dessous : Faucon crécerelle © LPO - Raphaël Bussière

La nuit suivant mon initiation ornithologique, sans doute impressionnée par mes rencontres à plumes, j’ai fait un rêve buissonnier… S’adressait à moi un milan noir dont le chant est le plus mélodieux de tous les rapaces. Son bec jaune et crochu articulait : « Je reviens d’un long voyage, je suis épuisé. Mais quel bonheur de retrouver Grand Châtellerault. Vue du ciel, la destination est si belle… Je plane ! »

Photo ci-dessous : Chantal en pleine observation

CONSEILS POUR OBSERVER LES OISEAUX

La meilleure période
Avec l’arrivée des oiseaux migrateurs d’été, le printemps (avril et mai) est la saison la plus animée. Toutefois Jean-Paul Lancereau précise : « Le mois de mars me semble intéressant pour les ornithophiles débutants car l’absence de feuillage facilite l’observation et les chants sont moins nombreux. » Certaines espèces sont bien sûr visibles toute l’année.
Chantal Deschamps ajoute : « Les oiseaux sont plus actifs le matin car ils ont faim après une nuit sans chasser. » Ce qui explique pourquoi la plupart des sorties ornithologiques a lieu en début de journée !

L’équipement
• Des baskets, des chaussures de randonnée ou même des bottes pour les chemins herbeux s’il a plu la veille.
• Une paire de jumelles s’avère particulièrement efficace pour distinguer les espèces sans les déranger. Si vous souhaitez vivre une expérience immersive, comme dans un documentaire animalier, l’idéal reste la longue vue.
• Un guide pratique pour apprendre à reconnaître la gente ailée et ses chants. La LPO a sélectionné des ouvrages de référence, complets ou d’initiation.

Les recommandations
« Armez-vous de patience et faites le moins de bruit possible pour ne pas les effrayer. Tout en déambulant, prenez le temps de tendre l’oreille et de les observer afin de tenter de les identifier. Une balade ornithologique est différente d’une randonnée. », préconise mon guide châtelleraudais, Alain Boireau, avec qui vous ferez connaissance dans mon article de la semaine prochaine.

À VOIR, À FAIRE EN GRAND CHÂTELLERAULT

Les prochaines sorties LPO, guidées et gratuites
• Dimanche 6 juin 2021 à Archigny de 9h à 12h : cheminement autour du village pour découvrir les richesses écologiques des mares. Inscription obligatoire au 06 89 82 44 32

• Dimanche 13 juin 2021 à Sénillé-Saint-Sauveur de 8h à 12h : dans une ambiance pastorale, observation de la pie-grièche écorcheur et autres oiseaux des haies et buissons. Inscription obligatoire au 06 45 54 32 87

• Samedi 26 juin 2021 à Colombiers de 20h30 à 23h30 : sortie crépusculaire à la recherche de l’engoulevent d’Europe, oiseau fascinant par son chant. Inscription obligatoire au 05 49 88 55 22

Les spots Coups de cœur des bénévoles LPO :
La Réserve Naturelle du Pinail, la Ligne Verte de Châtellerault à Loudun, la forêt de Châtellerault, le lac d’Ingrandes, le plateau de Bellefonds, la forêt de la Guerche, les rives de l’Envigne, la vallée de l’Anglin… Et bien sûr la Réserve Ornithologique de Saint-Cyr.

Toutes les balades ornithologiques répertoriées dans la Vienne

Rendez-vous la semaine prochaine pour une balade ornithologique en pleine ville de Châtellerault

Photo : Réserve ornithologique de Saint-Cyr © Johan Tillet – LPO

AU FAIT, QU’EST-CE-QUE LA LPO ?

La Ligue pour la Protection des Oiseaux est une association nationale de protection pour l’environnement. Au sein de la délégation Poitou-Charentes, 25 salariés et de nombreux bénévoles se relaient pour remplir les missions suivantes : enquêter pour mieux connaître la faune, protéger la biodiversité et restaurer les milieux naturels, sensibiliser et éduquer tous les publics.

Pour vous informer (bénévolat, oiseaux blessés, refuges LPO…) : 
• Tél : 05 49 88 55 22
• https://poitou-charentes.lpo.fr
Page Facebook

Portes grandes ouvertes sur l’avifaune de Grand Châtellerault !

Merci à Chantal Deschamps, Alain Boireau, Jean-Paul Lancereau, Françoise Mortreuil, Louis Dupas, Jean-Louis Lechat et Sophie Gauthier pour leur aide précieuse dans la préparation de cet article.

Photo ci-dessous : Alouette Lulu © LPO - Raphaël Bussière